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Soutenances autorisées pour l'école doctorale
[ED 556 HSRT] Homme, Sociétés, Risques, Territoire

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Vers l'institutiοnnalisatiοn des pratiques de médiatiοn en Ηaïti. Εnjeux pοur l'éducatiοn et la fοrmatiοn

Doctorant·e
CHERY Johnson
Direction de thèse
BEZIAT Jacques (Directeur·trice de thèse)
Date de la soutenance
30/01/2023 à 14:00
Lieu de la soutenance
Salle des thèses (MRSH, 048) Université de Caen Normandie
Rapporteurs de la thèse
EL RACHED PATRICIA FATA Professeur BEYROUTH - UNIVERSITE DE ST JOSEPH
LARRIEUX JEAN-ELIE Professeur IUS - HAITI
Membres du jurys
BEZIAT Jacques, Professeur des universités, Université de Caen Normandie
EL RACHED PATRICIA FATA, Professeur , BEYROUTH - UNIVERSITE DE ST JOSEPH
LARRIEUX JEAN-ELIE, Professeur , IUS - HAITI
PIOT Thierry, Professeur émérite, Université de Caen Normandie
Résumé
La médiation occupe une place stratégique et touche différents secteurs de la vie nationale haïtienne. La police, la justice, la migration, la santé, l’éducation, la religion… sont parmi les institutions confrontées à des situations de conflits et qui font appel à la médiation. Depuis plusieurs décennies (1980 à nos jours), des situations de crises fragilisent les institutions publiques haitiennes, affectent les rapports sociaux (climat de tensions et de violence, précarité des conditions de vie, Etat prédateur…) et engendrent de plus en plus de frustrations au niveau de la population notamment les couches les plus défavorisées. En Haïti comme dans la plupart des sociétés, ils ont existé et existe des pratiques implicites de médiation au niveau de différents secteurs (politique, judicaire, religieux...). Cependant, les professionnels concernés ne disposent pas d’outils appropriés pour conduire des interventions ciblées auprès des publics bénéficiaires. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre travail de thèse de doctorat qui tente d’apporter des éléments de réponses aux différents questionnements soulevés lors de différents débats qui ont lieu lors des séances de formation à l’université et/ou ateliers réalisés autour de la question de médiation (Colloque, séminaires). La recherche se propose de réfléchir sur l’institutionnalisation des pratiques de médiation en Haïti dans le contexte de l’éducation et de la formation. Deux grandes orientations sont visées par ce travail. D’abord, la médiation est pensée en rapport aux enjeux et aux contextes sociaux (faiblesse institutionnelle, déficit d’accompagnement à l’endroit des publics en situation de vulnérabilité, pratiques éducatives traditionnelles). Il s’agit de penser la médiation en tant que facteur de cohésion sociale afin de contrer les situations de violence qui caractérisent la société haïtienne depuis plusieurs décennies. Ensuite, nous cherchons à nous approprier de la médiation comme objet d’éducation et de la formation pour améliorer l’efficacité des pratiques d’intervention auprès de la population en misant sur une dimension éthique de l’action médiative. Nous faisons l’hypothèse que l’éducation et la formation peuvent influencer les politiques publiques, agir sur les mentalités (des individus) et ainsi contribuer à la l'élaboration de projets territoriaux communs en vue de la transformation sociale et sociétale. A partir des travaux de recherche scientifique et des entretiens semi-directifs menés d’une part, auprès des professionnels intéressés par la question la médiation (juristes, travailleurs sociaux, professeurs d’universités, religieux, directeurs d’école) et, d’autre part, des observations durant la phase de terrain nous analysons les pratiques de médiation dans des contextes bien spécifiques ainsi que leurs impacts sur la population bénéficiaire, les besoins en termes en formation, les compétences à développer pour être médiateur en Haïti ainsi que les contenus à privilégier dans une formation en médiation. Nous nous inscrivons dans un paradigme épistémologique constructiviste-interprétative et privilégions une démarche de recherche qualitative. L’analyse sociocritique est retenue comme choix méthodologique nous permettant de passer du texte au contexte (articulation des phénomènes textuels aux phénomènes sociaux). Ainsi, elle opère un ensemble de médiations qui, selon les termes de Cros, « déconstruisent, déplacent, ré-organisent ou re-sémantisent les différentes représentations du vécu individuel et collectif». Laquelle démarche nous a permis de fonder les principes et cerner les enjeux d’une médiation sociale, éducative, familiale, communautaire et institutionnelle en Haïti.
Abstract
Mediation occupies a strategic place and affects different sectors of Haitian national life. Police, justice, migration, health, education, religion ... are among the institutions faced with conflict situations and which call for mediation. For several decades (1980 to the present day), crisis situations have weakened Haitian public institutions, affected social relations (climate of tension and violence, precarious living conditions, predatory State, etc.) and generate more and more frustrations among the population, especially the most disadvantaged groups. In Haiti as in most societies, they have existed and do exist implicit mediation practices at the level of different sectors (political, judicial, religious, etc.). However, the professionals concerned do not have the appropriate tools to carry out targeted interventions with the beneficiary groups. It is in this context that our doctoral thesis work falls within the scope of our work, which attempts to provide answers to the various questions raised during the various debates that take place during training sessions at the university and / or workshops carried out around the question of mediation (Colloquium, seminars). The research proposes to reflect on the institutionalization of mediation practices in Haiti in the context of education and training. Two major orientations are targeted by this work. Firstly, mediation is designed in relation to the issues and social contexts (institutional weakness, lack of support for people in vulnerable situations, traditional educational practices). It is about thinking about mediation as a factor of social cohesion in order to counter the situations of violence that have characterized Haitian society for several decades. Then, we seek to appropriate mediation as an object of education and training to improve the effectiveness of intervention practices with the population by focusing on an ethical dimension of mediation action. We hypothesize that education and training can influence public policies, act on mentalities (of individuals) and thus contribute to the development of common territorial projects with a view to social and societal transformation. Based on scientific research and semi-structured interviews carried out on the one hand with professionals interested in the issue of mediation (lawyers, social workers, university professors, religious, school directors) and, on the other hand, observations during the field phase, we analyze the mediation practices in very specific contexts as well as their impacts on the beneficiary population, the needs in terms of training, the skills to be developed to be a mediator in Haiti as well as the contents to be preferred in mediation training. We are part of a constructivist-interpretative epistemological paradigm and favor a qualitative research approach. Sociocritical analysis is retained as a methodological choice allowing us to move from text to context (articulation of textual phenomena with social phenomena). Thus, it operates a set of mediations which, in Cros' words, “deconstruct, displace, re-organize or re-semantize the different representations of individual and collective experience”. This approach has allowed us to establish the principles and identify the challenges of social, educational, family, community and institutional mediation in Haiti.

Désinstitutiοnnalisatiοn, de l'ΙΤΕΡ au DΙΤΕΡ : impacts sur l'identité des acteurs

Doctorant·e
BAILLEUL Cathy
Direction de thèse
BEYNIER Dominique (Directeur·trice de thèse)
Date de la soutenance
02/03/2023 à 09:15
Lieu de la soutenance
Salle des Actes MRSH, Université de CAEN
Rapporteurs de la thèse
BODIN DOMINIQUE Professeur des universités Université Paris-Est Créteil (UPEC)
JAEGER MARCEL Professeur émérite CNAM PARIS
Membres du jurys
BEYNIER Dominique, Professeur émérite, Université de Caen Normandie
BODIN DOMINIQUE, Professeur des universités, Université Paris-Est Créteil (UPEC)
COMBES-JORET MONIQUE, Maître de conférences HDR, UNIVERSITE REIMS CHAMPAGNE ARDENNE
JAEGER MARCEL, Professeur émérite, CNAM PARIS
Résumé
En tant que Cheffe de service, Cathy BAILLEUL a accompagné la mise en dispositif d’un ITEP. Face aux interrogations des équipes sur les modifications qu’impliquait cette transformation, elle a entrepris cette recherche et mis en avant les impacts du passage de l’ITEP au DITEP sur l’identité des acteurs. Ainsi, sont interrogées les notions d’institution, de désinstitutionnalisation, d’inclusion pour les jeunes avec un handicap psychique et plus précisément des troubles du comportement et de la conduite (TCC). Le passage de l’ITEP au DITEP ne peut être considéré comme une forme de désinstitutionnalisation mais comme une réinstitutionnalisation des institutions primaires que sont l’école et la famille. Les professionnels des DITEP étayent ces environnements afin qu’ils deviennent capacitants pour les jeunes avec des TCC et favoriser leur maintien dans ces espaces et donc leur inclusion. Les professionnels du DITEP inter-viennent c’est-à-dire qu’ils tissent du lien entre le dedans et le dehors, entre le spécialisé et l’ordinaire. Ces nouvelles pratiques au sein de l’école créent des frottements de normes, de vocabulaire, de pratiques entre les professionnels des DITEP et les enseignants accueillants ces élèves à besoins éducatifs particuliers. Cela ne se fait pas sans certaines tensions et nécessite un temps d’apprivoisement de part et d’autre. La transformation de l’offre médico-sociale engendrée par le passage de l’ITEP au DITEP a réinterrogé la place des jeunes accompagnés en permettant un maintien de leur identité d’élève, les professionnels du spécialisé sont devenus intervenants. Cette transition inclusive rebat les cartes des rapports de force entre les parties prenantes (DITEP, école, protection de l’enfance, familles).
Abstract
As Head of Department, Cathy BAILLEUL accompanied the implementation of an ITEP. Faced with questions of the teams on the changes that this transformation implied, she undertook this research and highlighted the impacts of the transition from ITEP to DITEP on the identity of the actors. Thus, the notions of institution, deinstitutionalization, inclusion for young people with a psychic handicap and more precisely behavioral and conduct disorders (BCD) are questioned. The transition from ITEP to DITEP cannot be considered as a form of deinstitutionalization but as a reinstitutionalization of the primary institutions of school and family. DITEP professionals support these environments so that they become enabling for young people with BCD and promote their retention in these spaces and therefore their inclusion. DITEP professionals intervene, that is to say, they weave the link between the inside and the outside, between the specialized and the ordinary. These new practices within the school create friction of norms, vocabulary, practices between DITEP professionals and the teachers of these students with special educational needs. This is not done without some tension and requires time to get used to each other. The transformation of the medico-social offer generated by the transition from ITEP to DITEP has re-examined the place of the young people supported by allowing them to maintain their student identity, the specialized professionals have become stakeholders. This inclusive transition reshuffles the cards of power relations between stakeholders (DITEP, school, child protection, families).